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La sécurité – trouver le juste équilibre

Joe Couture, Leader-Post
Le 3 mars 2010

Un incident de nuvitisme survenu mardi à l’Hôtel de Ville a fait ressortir un épisode peu connu de l’histoire de la ville de Regina tout en faisant lumière sur des problèmes de sécurité.

Cliff Walker, Directeur-général de Les Commissionnaires Saskatchewan, se souvient de la tentative d’assassinat contre son père Harry, alors qu’il était maire de Regina au début des années 1970.

La police de Regina avait été avertie qu’il y aurait un attentat contre le maire. La sécurité a été renforcée, les téléphones ont été mis sur écoute, et la maison du maire a été mise sous surveillance, se souvient Walker. La police a fait un « excellent travail » qui s’est culminé par « l’arrestation de l’éventuel assassin dès son arrivée à l’Hôtel de Ville avec un pistolet chargé pour faire feu sur le maire ».

Questionné au sujet de son mobile, le suspect a dit qu’il « voulait juste être notoire », précisait Walker en indiquant que l’incident n’avait jamais été rendu public par crainte qu’un imitateur manigance un incident semblable.

Walker a raconté cette anecdote lors d’une entrevue sur la sécurité à la suite de l’incident de nuvitisme pour illustrer l’importance des renseignements, un « élément clé des opérations de sécurité ».

Néanmoins, peu importe la précision des renseignements, la préparation au risque, et la rigueur des mesures de sécurité, il y a toujours des failles qu’une personne suffisamment déterminée peut exploiter, surtout si elle n’a pas peur de se faire prendre, précisait Walker.

« Notre rôle consiste à minimiser ces failles dans la plus grande mesure possible, sans pour autant empêcher les gens de faire leur travail, a-t-il ajouté. C’est la dichotomie entre le désir d’ouvrir ses portes afin d’être accessible au public et de veiller à la sécurité des gens qui pose le plus grand écueil. L’on peut bien vouloir assurer l’accessibilité des immeubles publics et des personnalités publiques, mais, en même temps, il est essentiel de maintenir un niveau de sécurité suffisamment élevé pour les protéger et leur permettre de faire leur travail. Il faut trouver un juste équilibre. »

La demande de sécurité augmente toujours à la suite d’un incident, a-t-il indiqué.

Les firmes de sécurité recommandent des mesures strictes, parce qu’elles facilitent le maintien de la sécurité, a-t-il précisé. Néanmoins, lorsque le client tient à l’ouverture – comme c’est le cas à l’Hôtel de Ville, surtout lorsque le maire en poste est populaire et insiste sur la transparence – il nous incombe de maintenir un niveau raisonnable de sécurité tout en respectant la volonté du client.
Selon Walker, des commissionnaires sont également affectés à l’Assemblée législative où la sécurité est plus serrée qu’à l’Hôtel de Ville. Il précisait également que la sécurité de l’Hôtel de Ville est à revoir et que ce processus est en cours.

À l’instar de Walker, Jeff Bohach, porte-parole de la ville, et Mark Rathwell, porte-parole du maire, ont parlé d’équilibre lors d’un point de presse mardi dernier.

Bohach indiquait également que la révision des mesures de sécurité de l’Hôtel de Ville avait été amorcée avant l’incident de mardi. Il notait en outre que des modifications aux mesures prévues pour l’étage principal sont à l’étude en précisant que certains défis organisationnels seraient à relever et qu’aucun échéancier de mise en œuvre n’a été établi. Le cabinet du maire sera également examiné. Par ailleurs, selon lui, le fait que l’Hôtel de Ville soit plus ouvert que les autres immeubles publics est intentionnel.

Néanmoins, précisait Bohach, l’incident de nuvitisme illustre « qu’il faut être prêt à tout et c’est une des questions qui sera à l’étude ».

« Le Maire a demandé le maintien d’une politique “porte ouverte” et nous ferons le nécessaire pour y donner suite. Nous voulons que le public sente que l’Hôtel de Ville leur appartient et qu’ils se sentent à l’aise pour venir régler leurs affaires, mais nous tenons également à la sécurité du personnel et des visiteurs. Encore une fois, c’est une question de trouver le juste équilibre. »

Plusieurs personnes franchissent le seuil de l’Hôtel de Ville chaque jour, a précisé Bohach en notant qu’un seul commissionnaire est affecté au rez-de-chaussée et que celui-ci pourrait être appelé à résoudre un problème ailleurs.

Rathwell ne se souvenait que d’un seul autre incident dans lequel un ordre avait été donné pour interdire l’accès à l’Hôtel de Ville à un homme qui avait menacé de faire des ravages.


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