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Loin d’être une mince affaire

Daniel Pearce, Simcoe Reformer
Le 31 juillet 2009

Ted Little se trouve au premier rang des efforts visant à réserver les places de stationnement du centre-ville pour les consommateurs. Engagé plus tôt dans l’année pour faire un travail négligé depuis plusieurs années, Little parcourt les rues du centre-ville de Simcoe cinq jours par semaine.

Cet ouvrier d’usine à la retraite fait toutes les rues et les ruelles – un circuit d’environ deux heures et demie – à la recherche de contrevenants.

« Je me retrouve un peu entre l’arbre et l’écorce, a-t-il dit mardi durant sa patrouille de la rue Robinson. Je voudrais simplement faire circuler les gens, mais j'ai été engagé pour appliquer la loi. »

Ce que ce patrouilleur âgé de 66 ans veut dire, c’est qu’il doit faire preuve d’une certaine souplesse. Par exemple, lorsqu’il a vu une voiture, sans permis visible, stationnée dans un espace réservé pour personnes handicapées, il s’est rendu au salon de coiffure juste à côté pour se renseigner. Ayant trouvé la propriétaire dans le salon, il lui a donné la chance de produire son permis.

Elle avait omis de le sortir du coffre à gants ; un petit oubli qui aurait pu entraîner une amende de 300 $.

Parfois, il attend que les gens reviennent à leur voiture pour les avertir au lieu d’émettre un constat d’infraction.

Néanmoins, Little a été engagé par la zone d'amélioration commerciale (ZAC) du centre-ville de Simcoe pour faire un travail qui relevait autrefois de la municipalité et son objectif ultime est d’inciter les employés des commerces du centre-ville à garer leurs voitures dans les aires de stationnement sur le périmètre du centre-ville au lieu d’occuper les places devant leurs lieux de travail.

On leur reproche depuis longtemps de monopoliser les espaces de stationnement sur les rues principales et, par le fait même, de décourager les gens de magasiner au centre-ville.

Little a recours à la ruse pour mettre la main sur ceux qui enfreignent la limite de deux heures de stationnement.

Selon lui, c’est un petit « jeu » que les récidivistes connaissent bien. Ils savent quand et comment déplacer leurs véhicules pour éviter des problèmes, dit-il.

Il n’est prêt qu’à nous donner un seul indice sur sa stratégie – « Je suis constamment inconstant dans ma démarche » et, selon les responsables de la ZAC, c’est une stratégie vraisemblablement efficace.

« L’on retrouve de plus en plus de places libres le long de la rue Norfolk », a précisé Peter Black, propriétaire d’un commerce au centre-ville et vice-président de la ZAC.

Selon Deb Murphy, directrice générale de la ZAC, les consommateurs commencent à passer des commentaires comme : « C’est difficile à croire, mais j’ai trouvé un stationnement directement en face ».

La pagaille du stationnement a commencé dans la foulée du démantèlement de l’ancienne Ville de Simcoe. Avant 2001, un employé à temps plein était affecté à l'émission de constats. À la suite de l'établissement du nouveau comté, l’on n’allouait plus que trois heures par semaine à l'application des règlements.

Compte tenu de la nouvelle structure et des nouveaux règlements (propreté des terrains, bruit, piscines, etc.), l’application des règlements est devenue une tâche sensiblement plus compliquée et plus longue, a précisé Chris Baird, gestionnaire de la planification et du développement économique de Norfolk. « Nous avons beaucoup plus de règlements à appliquer depuis neuf ans, a-t-il ajouté, mais Little est à la hauteur de la tâche au centre-ville. »

Il comble aussi un rôle d’ambassadeur en donnant des indications, en parlant avec les touristes, et en aidant les personnes âgées. « Mon rôle est de faciliter la circulation », a affirmé Little, qui a été mandaté par le biais de Les Commissionnaires, un organisme composé de militaires et de policiers à la retraite engagé par les municipalités et les ZAC pour gérer le stationnement.


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