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Les opinions sont partagées sur le renforcement des vérifications des antécédents criminels
Eric Lewis, Times & Transcript
le 31 octobre 2011
D’une part, l’on applaudit la mise en œuvre de vérifications approfondies des antécédents criminels visant les personnes qui travaillent ou qui font du bénévolat auprès des ainés, des jeunes, et d’autres groupes, soulignant qu’elles permettront d’offrir une mesure accrue de sécurité dans la région métropolitaine de Moncton.
D’autre part, l’on critique le nouveau système implanté à l’échelle nationale en 2010 en raison du fait que le processus est trop long et qu'il met les emplois des personnes concernées à risque.
Selon la règlementation fédérale, toute personne qui souhaite travailler ou faire du bénévolat dans un secteur vulnérable, c'est-à-dire auprès des enfants ou des ainés, et dont le nom et la date de naissance sont semblables à ceux d’un délinquant sexuel est tenue de fournir ses empreintes digitales.
Selon le Gendarme Damien Thériault, porte-parole du Service régional de Codiac de la GRC, son service reçoit « plusieurs centaines » de demandes de vérification des antécédents criminels chaque mois, y compris un certain nombre nécessitant une prise d’empreintes digitales.
Avant l’implantation de la technologie LiveScan pour la numérisation des empreintes dans les locaux de la GRC à Codiac, les prises d’empreintes se faisaient à l’encre et devaient être envoyées à Ottawa. Par conséquent, les gens devaient attendre plusieurs semaines et parfois même plusieurs mois avant d’obtenir les résultats. Aujourd’hui, les résultats sont souvent prêts dès le lendemain. Néanmoins, le volume de demandes cause parfois des retards à Ottawa.
« Les gens se présentent de temps en temps à la réception pour s’informer au sujet des retards », a indiqué Thériault.
La vérification des antécédents se fait assez rapidement pourvu que le demandeur n’ait pas le même nom ou la même date de naissance qu’un délinquant sexuel inscrit. En revanche, le processus peut être plus long si une prise d’empreintes digitales s’avère nécessaire par suite à la reconnaissance du nom ou de la date de naissance.
Des frais de 20 $ sont exigés des personnes demandant une vérification des antécédents à des fins d’emploi et elles sont offertes gratuitement aux personnes qui en font la demande à des fins de bénévolat.
Selon Greg Estabrooks, un chauffeur de taxi de la compagnie White Cab et le président du Moncton Taxi Committee, les prises d'empreintes digitales créent des problèmes pour les chauffeurs de taxi de la ville. « Soyons clairs, je n’ai rien contre les vérifications, a-t-il précisé. Ce sont les délais que je trouve onéreux. »
Les chauffeurs de taxi obtiennent leur permis de la Ville de Moncton au printemps de chaque année et ils doivent se soumettre à une vérification des antécédents criminels chaque fois.
Un chauffeur engagé récemment par Estabrooks a dû rester un mois à la maison avant de commencer à travailler en attendant de recevoir les résultats de sa vérification des antécédents. Estabrooks soulignait notamment que ce chauffeur a perdu un mois de salaire à cause des délais et qu’il a lui-même dû payer des primes d’assurance et de location pour un véhicule qui n'a jamais été utilisé.
Selon Barbara Quigley, une commis de la Ville de Moncton, le traitement des permis des chauffeurs de taxi de la ville plus tôt cette année a entraîné des retards considérables. « Toutefois, le nouveau système implanté par la GRC semble avoir accéléré quelque peu le processus, a-t-elle précisé. Malheureusement, certains chauffeurs attendent toujours leurs résultats et nous n’y pouvons rien puisque nous dépendons entièrement de la GRC. »
Ces vérifications peuvent faire toute la différence dans l’obtention d’un emploi dans un secteur pour lequel elles sont exigées. Toute personne postulant un emploi dans une école, une garderie, ou une résidence pour ainés doit se soumettre à une vérification des antécédents et pourrait être tenue de fournir des empreintes digitales. De plus, chaque fois qu’une personne postule pour un autre emploi ou travail bénévole, elle doit s’y soumettre de nouveau.
Denale Curtis reconnait que le processus de prise d’empreintes digitales est sans doute frustrant pour les chercheurs d'emploi, mais elle précise que c'est une mesure de sécurité bienvenue pour les organismes sans but lucratif qui sont constamment à la recherche de bénévoles.
Mme Curtis est la directrice générale des Grands Frères et Grandes Sœurs de Moncton. Bien qu’elle admette que les processus d'empreintes digitales de la GRC aient retardé les vérifications de quelques bénévoles, elle ajoute que ce n'était pas non plus un grand problème. « La sécurité des enfants demeure notre priorité absolue », a-t-elle précisé.
Natalie Sherwood est du même avis que Mme Curtis. Mme Sherwood est la responsable des programmes de soins de répit pour enfants en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage du centre de bénévolat du sud-est du Nouveau-Brunswick. Elle gère 50 bénévoles et, bien que le processus d'empreintes digitales puisse ralentir les choses, elle estime que « les familles se sentent plus en sécurité à cause de ces vérifications plus approfondies. Tout compte fait, je crois que c’était une bonne décision. »
L’implantation de la technologie LiveScan à Codiac a bel et bien permis d'accélérer le processus ; néanmoins, il importe de noter que les autres divisions n’y ont pas nécessairement accès.
Par exemple, le district 11 de la GRC qui dessert une grande partie du territoire aux alentours de Moncton soumet des dossiers d’empreintes sur papier à Ottawa. Toutefois, la division offrira l’option LiveScan aux résidents de son territoire par l’entremise du bureau de Les Commissionnaires sur la rue St. George. Par contre, puisque les services seront offerts par une entreprise privée, les bénévoles devront payer 20 $ pour le service LiveScan. Les chercheurs d’emploi devront payer 50 $ (plus taxes) pour le service LiveScan en plus des frais de traitement de 25 $.
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