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Retour d’Afghanistan d’un Réginois affecté à la formation des troupes
Angela Hall, Leader-Post
Le 7 juillet 2011
Une pile de roches sur le bord de la route ou un sac attaché à un tronc d’arbre peuvent paraitre parfaitement inoffensifs, mais Norm Marner sait fort bien que ces objets peuvent être signe de dangers cachés en Afghanistan.
Marner, un adjudant au sein du 10e Régiment d’artillerie de campagne de la Réserve de l’Armée de terre, a consacré près de sept mois à la formation des troupes de la Coalition sur les moyens de repérer et de neutraliser les engins explosifs improvisés (EEI) – soit les dispositifs explosifs à l’origine de la majorité des décès de Canadiens au combat.
Marner, 54 ans, occupait le poste de coordinateur de la formation de la Branche de lutte aux EEI du Commandement interarmées de la Force internationale d’assistance à la sécurité. Bien que ce poste était à Kabul, il était régulièrement appelé à traverser l’Afghanistan.
Il était le seul Canadien dans cette équipe vouée à aider les soldats de plusieurs nations à mieux comprendre les EEI et les diverses façons dont ils sont utilisés. Il a également travaillé avec la police et l’armée afghane sur les moyens d’évaluer et de sécuriser une zone à la suite d’une explosion.
« La guerre en Afghanistan n’était pas une guerre conventionnelle », a souligné Marner à son retour à Regina dans la nuit de mercredi tandis que le Canada mettait fin aux opérations de combat dans ce pays.
« Nous devions rester constamment aux aguets parce qu’il était impossible de savoir qui étaient des ennemis ou même de quoi ils avaient l'air. »
Bien que les Canadiens puissent croire qu’un EEI soit fabriqué en usine, il s'agit plus souvent d'un explosif façonné à partir de bric-à-brac et conçu pour produire des résultats mortels, a ajouté Marner.
Dans le même ordre d’idée, une personne de toute apparence calme et inoffensive peut, en réalité, s'apprêter à livrer une attaque-suicide ou à planter un EEI sur le bord d'une route ou dans un ponceau utilisé par les troupes de la Coalition.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il était si important pour les soldats au sol de gagner la confiance de la population locale, surtout du fait que les résidents reconnaissent les marqueurs des insurgés et savent donc parfois où sont cachés les EEI.
« Lorsqu’ils réussissent à tisser des liens solides avec la population locale, il arrive souvent que quelqu’un les approche pour leur dire “je ne prendrais pas ce chemin-là demain”, ou bien “j’éviterais ce coin-là”. Ce n’est pas nécessairement parce qu’ils ne veulent pas nous le dire. Très souvent, c’est parce qu’ils ont peur », a-t-il ajouté.
Marner, un employé de Les Commissionnaires Saskatchewan, se réhabitue actuellement à la vie à Regina et se réjouit des petits plaisirs, comme rouler en automobile avec les fenêtres ouvertes. Le plus grand plaisir cependant est d’être réuni avec sa famille, a ajouté Marner, père de deux filles adultes.
Durant son affectation en Afghanistan, il utilisait parfois Skype pour jaser avec ses petits-enfants.
Marner, qui avait pris sa retraite des Forces canadiennes en 1995 avant de se joindre au 10e Régiment d'artillerie en 2002, avait promis à sa femme Linda que cette mission en Afghanistan serait la dernière du genre.
« J’avais à cœur de faire une dernière affectation pour apporter ma contribution, aussi petite soit-elle », a-t-il ajouté.
Il dit qu’il a quitté l’Afghanistan confiant que des progrès avaient été réalisés même s'il reste beaucoup à faire.
« La prochaine phase a débuté en Afghanistan et celle-ci consiste à former la police et l’armée afghane pour les préparer à s'acquitter des fonctions qui étaient les nôtres lorsque nous y étions », a-t-il précisé.
« Je crois qu’il reste beaucoup de chemin à faire ; néanmoins, je crois que l'Afghanistan sera un jour un pays libre – comme le nôtre, même si nous sommes portés à le tenir pour acquis. »
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