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Un sondage vise à dissiper les mythes au sujet de la vie des anciens combattants

Sandie Benitah, CTV Toronto.ca
Le 8 novembre 2009

Un nouveau sondage révèle que les Canadiens ont une fausse perception au sujet des moyens de subsistance des anciens combattants à la fin de leur service militaire.

Dans un sondage publié avant le jour du Souvenir, le Corps canadien des Commissionnaires a déterminé qu’une forte majorité des 1 000 répondant croient à tort qu’au moins la moitié anciens combattants reçoivent une pension lorsqu’ils terminent leur service militaire, tandis que plus de 28 pour cent des Canadiens croient que tous les anciens combattants en reçoivent une.

Dans les faits, seulement 30 pour cent des anciens combattants ont servi dans les Forces canadiennes assez longtemps pour avoir droit à une pension de retraite.

En effet, les anciens combattants doivent avoir servi 20 ans dans les Forces canadiennes avant d’être admissibles à une pension, mais leur durée moyenne de service est de 11,5 ans, un fait que seuls 14 pour cent des répondants connaissaient.

Les Commissionnaires, un organisme voué à faciliter la transition des anciens combattants vers une vie civile normale, a déterminé que la plupart des Canadiens croient la durée de service des anciens combattants plus longue qu’elle ne l’est réellement.

Environ 35 pour cent des gens pensaient que les anciens combattants servaient plus de 20 ans dans les Forces canadiennes.

Une adaptation difficile à Toronto

Stan Ruston, un ancien combattant qui travaille au sein de l’équipe de recrutement de Les Commissionnaires à Toronto, précise que les anciens combattants doivent souvent poursuivre une deuxième ou même une troisième carrière après avoir quitté les Forces canadiennes.

Cependant, il affirme qu’une nouvelle carrière constitue un défi de taille pour quelqu’un qui s’est entraîné pendant des années au sein des Forces canadiennes et qui s’est habitué à une culture de loyauté, de respect et d’obéissance. À l’opposé, le milieu des affaires civiles peut être féroce, les dirigeants mettant facilement des employés à pied pour atteindre leurs résultats.

« C’est un mode de vie différent », a-t-il expliqué en entrevue téléphonique à Toronto avec ctvtoronto.ca. « Ce que j’ai trouvé le plus difficile, c’est que la structure de loyauté n’était pas la même. Les Commissionnaires donne une impression de famille et je m’y suis senti comme chez moi. »

Monsieur Ruston a servi dans les forces armées pendant 21 ans et est admissible à une pension. Cependant, à titre d’agent de recrutement pour Les Commissionnaires, il rencontre souvent de plus jeunes recrues qui viennent de terminer une mission en Afghanistan et qui éprouvent de la difficulté à se trouver du travail.

Selon lui, il est particulièrement difficile de s’habituer à vivre à Toronto, parce que c’est une grande ville où la culture de soutien des anciens combattants est peu développée, contrairement aux petites villes où habitent un grand nombre d’anciens combattants qui ont terminé leur service militaire.

Jim Watts, Directeur général de Les Commissionnaires Grands Lacs, est un ancien combattant comptant 24 années de service qui a connu de première main toute la difficulté de réintégrer la vie civile.
Il affirme avoir été « complètement scandalisé » par l’absence de loyauté de ses collègues de travail et de ses superviseurs les uns envers les autres.

« Le rythme des affaires y était différent, souligne-t-il. Néanmoins, j’y ai constaté à quel point les entreprises commerciales peuvent être inefficaces. »

De nouvelles politiques en milieu de travail

Des 6 000 recrues qui (en moyenne) quittent les Forces canadiennes chaque année, environ 1 200 trouvent un emploi avec Les Commissionnaires.

Les anciens combattants qui se cherchent un emploi auprès de l’organisation ont un âge moyen d’environ 48 ans. Les recrues plus âgées cherchent à compléter leur pension ou à s’en créer une en partant de rien.

Non seulement travaillent-ils avec des personnes qui ont une expérience de vie similaire, mais les employés du groupe sans but lucratif ont également accès à un programme d’aide téléphonique s’ils se heurtent à des problèmes comme le syndrome de stress post-traumatique.

Bien des entreprises hésitent à embaucher des anciens combattants parce qu’elles « ne savent pas ce qu’ils valent », confie monsieur Ruston. Il ajoute que ce programme permet aux anciens combattants de travailler dans une atmosphère sensible et flexible.

Néanmoins, le sondage révèle que les Canadiens sont plus que disposés à faciliter la transition aux anciens combattants, car 89 pour cent des répondants affirment qu’il incombe aux Canadiens de garantir des emplois valorisants aux anciens combattants à la fin de leur service militaire.

Monsieur Watts trouve qu’il serait bon de commencer par adopter de nouvelles politiques en milieu de travail.

« Les employés devraient adopter des politiques internes à l’intention des jeunes réservistes, afin de leur permettre de prendre des congés autorisés et de leur garantir un emploi à leur retour », propose-t-il.
Selon lui, il faudrait également prévoir un programme d’éducation à l’intention des employeurs afin de les sensibiliser aux nombreuses compétences concurrentielles que les recrues acquièrent pendant leur service militaire, telles que le travail d’équipe, l’autodiscipline et la résolution de problèmes.

Un hommage aux anciens combattants

Le sondage de Les Commissionnaires est publié pour célébrer la Semaine des anciens combattants qui précède le jour du Souvenir, le 11 novembre.


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